Les pleurs du nourrisson

Un bébé pleure, tout le monde le sait ! C’est d’ailleurs la première chose que l’on attend de lui à la naissance. Mais à quoi servent ces pleurs ? Pourquoi certains enfants pleurent ils moins que d’autre ?

Voici un nouvel article pour revenir sur les pleurs, les représentations et perceptions individuelles qui les entourent et leur accompagnement.

Bonne lecture !

Aux origines des pleurs

Remontons à la préhistoire. L’enfant qui pleure c’est celui dont on va s’occuper, que l’on va nourrir, porter, réchauffer. C’est l’enfant qui va vivre. Les pleurs sont donc profondément ancrés en nous pour permettre la survie de notre espèce. A travers eux, le bébé exprime une sensation désagréable comme la faim, la soif, le froid, le besoin de réconfort… Pour ces pleurs, le rôle des parents est alors de trouver, en faisant différentes propositions à l’enfant, comment l’apaiser. Cela contribuera à développer des liens entre le bébé et l’adulte qui prend soin de lui et donc à renforcer l’attachement de l’enfant envers son parent.

Mais les pleurs peuvent aussi être un moyen d’évacuer ses tensions pour les nourrissons. En tant qu’adulte, le fait de bouger, de faire du sport peut contribuer à notre détente. Les capacités motrices des nouveau-nés sont limitées et elles ne leur permettent pas de s’apaiser. Les pleurs de décharge peuvent y contribuer. Ils interviennent notamment en début de soirée. Ils peuvent être secondaires à la mise en place de l’horloge biologique (rythme jour/nuit),aux nombreuses stimulations et sollicitations de la journée ou encore à l’environnement émotionnel. Il est alors nécessaire d’accompagner ces pleurs, sans forcément les réprimer, afin de permettre un retour à l’équilibre. Les pleurs peuvent être vus comme un système de régulation ou d’élimination des tensions, tout comme le fait d’uriner, de déféquer ou de transpirer. Ils sont utiles ! Cela est similaire à notre expérience d’adultes : quand nous ressentons de la tristesse, nous avons parfois besoin de pleurer. La disponibilité d’un proche à l’écoute nous soutient. En revanche, s’il nous dit, « Allez, arrête de pleurer, ce n’est pas grave, tu en verras d’autres… », nous ne nous sentons ni écoutés, ni libérés de cette émotion. A nous, parents, d’être ce proche à l’écoute qui apaisera notre enfant.

Mais pourquoi pleure-t-il ?

Ce qui est complexe pour le parent, c’est de pouvoir faire la distinction entre ces différentes situations. Devant un enfant qui pleure, les parents sont parfois inquiets, voire angoissés. Beaucoup se sentent démunis.

Dans les premiers temps, il est nécessaire de fonctionner par tâtonnement, par intuition. Cela fonctionne parfois, d’autre pas. Ce n’est pas grave. C’est la découverte, la rencontre entre un petit être humain et ses parents. C’est ainsi qu’ils vont apprendre à se connaître, à se comprendre, à s’attacher… et à identifier plus sûrement la raison des pleurs !

Lorsque les pleurs de l’enfant deviennent insupportables, provoquent de la colère chez l’adulte qui prend soin de lui (ce qui peut arriver à tous les parents), il vaut mieux passer le relais ou poser le bébé en sécurité sur le dos dans son lit. En cas de pleurs incessants, il est important d’en parler à son médecin, afin d’éliminer un potentiel problème médical et de se faire accompagner.

S’interroger sur sa propre perception des pleurs : un atout pour mieux accompagner son bébé.

Lorsqu’un enfant pleure, ce n’est pas tant le fait qu’il pleure qui est difficile mais bien souvent tout ce que l’on peut s’en dire (images, idées, jugements). Ces pleurs peuvent réveiller en nous, nos propres vécus d’enfant. Il est alors intéressant d’en prendre conscience et de pouvoir l’exprimer.

Nous avons des représentations anciennes sur les pleurs de l’enfant. Non. Ils ne sont ni un caprice, ni une persécution ni une manipulation de l’enfant vers l’adulte. Le cerveau du jeune enfant est bien trop immature pour cela. Ils sont seulement l’expression d’un besoin physiologique ou émotionnel insatisfait, sans stratégie derrière.

La perception des pleurs avec le plus de neutralité possible, aide à les accompagner plus sereinement. Et plus l’adulte est apaisé, et moins les pleurs seront exacerbés.

En conclusion

Pour résumer, les pleurs de l’enfant peuvent contribuer au développement du système d’attachement ou au besoin de décharge. Pour ce dernier, il est alors nécessaire d’accompagner les pleurs en étant disponible pour l’enfant, mais sans essayer de les empêcher. Cela demande aux parents de la patience, de l’empathie et une connaissance de ses propres émotions et limites, dans une période où leurs ressources sont affaiblies par le manque de sommeil. L’accompagnement par des professionnels de santé expérimentés peut vous aider à traverser ces périodes délicates.

Ressources :

Catherine Gueguen, Lettre à un jeune parent,

Catherine Gueguen, Pour une Enfance Heureuse,

Catherine Gueguen, Vivre heureux avec son enfant

Eric Binet, Revue « Les Métiers de la petite enfance », articles « Les pleurs de la petite enfance : une question d’attachement ? Eclairages théoriques 1/2 » et « Les pleurs de la petite enfance : une question d’attachement ? Impacts et accompagnements 2/2 »

Documentaire « Ces pleurs qui nous lient », réalisé par Anne Jochum, Association « préparons demain », https://www.filmspreparonsdemain.com/products-page/product-category/ces-pleurs-qui-nous-lient/

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